La chaise est là, elle t'attend...

Maman me disait d'être toujours très active et de me consacrer pleinement aux travaux utiles et aux tâches constructives. Si par hasard elle me voyait désœuvrée, elle fulminait car à ses yeux, je me transformais en la pire jeune fille paresseuse de la terre qu’il pouvait exister. Il fallait absolument que mes mains soient occupées et travailleuses et laborieuses. Il fallait que je me cache afin de pouvoir lire un roman, une bande-dessinée. Il fallait que le monde voie en moi la jeune femme sérieuse qu’elle s’esquintait à forger.


Puis les années passèrent, enracinant en moi cette culpabilisation pernicieuse mais tenace dès que je me consacrais du temps à ne rien faire à part celui de rêver. Il m’a fallu beaucoup de temps avant de me rendre compte que c’était pendant ces instants de rêves que j'avais échafaudé mes meilleurs projets, trouvé des solutions inespérées et entrepris l’avenir avec sérénité. Prendre le temps de flâner, penser, écouter le bruissement d’une rivière ou lire un bon livre…et ne pas culpabiliser a été un long travail de rééducation profonde.


Aujourd’hui, lorsque par exemple je me retrouve face à une personne désemparée car elle ne trouve pas assez de temps pour faire « tout ce qui doit être fait », je vois le petit enfant craintif face au rôle qu’on veut lui faire jouer. Celui de la personne parfaite : active, organisée, assertive, directe et menant tout de front comme un parfait stratège.


Je lui demande d’arrêter sa course et de s’assoir, tout simplement pour enfin gagner du temps.


Une fois confortablement installée, elle fait le vide dans sa tête. Je lui demande de penser à des choses agréables, à des projets éventuels, à ses rêves d’enfant… Rien ne presse, elle peut prendre le temps nécessaire et celui-ci ne sera pas mesuré. Généralement, la personne ne comprend pas ou se trémousse sur sa chaise car elle a l’impression de se voler du temps irremplaçable. Lentement, l’idée fait son chemin. Bientôt, elle se laisse bercer par des souvenirs et des envies qui lui passent par la tête. Elle rêve enfin à toutes ces choses qu’elle aimerait tellement faire mais pour lesquelles "il faudra voir, plus tard, quand j’aurai le temps…"


Nous trouvons toujours le temps pour faire les choses importantes. Il suffit de le savoir et de le vouloir. Ces deux simples mots engendrent « les compétences ». Prenez le temps nécessaire pour vous arrêter, faire le point et comprendre pourquoi vous courez et derrière quoi ou qui. Cette réflexion vous mènera à la prise de conscience de la pertinence des urgences et des pressions omniprésentes.


Kiwi popsicle


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